J'ai organisé des courses d'escargots

Publié le par FASE 89

En ce moment, dans la plupart des organisations politiques, l'heure est à l'élaboration d'une tactique en vue des prochaines Présidentielles. Je ne dis pas "une stratégie", non. Je ne parle pas du long terme, non. Je ne parle que de l'immédiat : 2012. Je croyais mon organisation, la FASE, à l'abri de ce fonctionnement. Je ne peux que constater que le mal nous atteint aussi.

J'ai ainsi entendu que notre intervention (de FASE) sur les élections présidentielles serait un "enjeu majeur". Il est clair que je ne suis pas d'accord avec cette appréciation. Même si j'ai beaucoup d'affection pour ceux qui la portent. Notre construction, notre participation à la construction d'une gauche alternative, SONT des enjeux majeurs. Cette construction passe aussi par une recherche d'une candidature et d'une stratégie (voire d'une tactique) pour les Présidentielles. Cela passe AUSSI par là. Mais PAS QUE.

 La question n'est pas "que ça me plaise ou non" comme je l'ai aussi parfois entendu. Honnêtement, quand arrive l'élection, ça me plaît plutôt. Je n'ai jamais joué aux courses, mais vers 10-12 ans, je tenais un cahier où je notais les résultats des arrivées du tour de France. Un peu plus jeune encore, j'organisais des courses d'escargots... Toutes ces compétitions, ça me plaisait.

Et pour tout dire, le 10 mai 1981, à l'annonce des résultats, le nez devant le mur sur lequel j'appliquais le plâtre avec soin, j'ai laissé tomber mes bras et j'ai pleuré doucement et longuement. De joie. 
J'ai bien peur qu'en 2012, je n'ai que peu de raisons de pleurer de bonheur à l'annonce des résultats des Présidentielles. Et il ne faudra pas en tirer la conclusion que mes glandes lacrymales se seront asséchées avec l'âge.
Donc, oui, ça me plaît.

Mais, pourquoi entrer ainsi dans ce jeu-là? Pour "peser de tout notre poids"? (j'ai entendu cela aussi). Il s'agit là d'un jeu où l'on ne compte qu'en termes de "divisions à aligner", de tactique, de jeux de personnes et d'intérêts partidaires (j'hésite sur ce qui est le plus grave : le "partidaire" ou le "personnel"?).
Nous passons notre temps à la FASE (parfois seuls, parfois avec des alliés) à rechercher la réconciliation entre le politique et le social (le sociétal, l'écologique...). Et nous irions "peser de tout notre poids" dans cette affaire.
Et je ne développerai pas ici, mais j'ai au moins deux raisons pour ceci qui n'est pas qu'un simple grognement d'humeur.
1) notre rassemblement ne se construira que dans la continuité, avec tous, entre les luttes (sociales, écologiques, féministes...) et les périodes électorales. 
2) quoi qu'on en dise depuis des années : ce n'est pas le Président qui est déterminant, c'est l'Assemblée. 
Explications :
1) "Dans la rue et dans les urnes", ce slogan ne recouvre peut-être pas tous les aspect de la nécessaire mobilisation, mais me semble l'exprimer assez bien. Je ne suis pas non plus de ceux qui préfèrent faire l'impasse sur les élections (pièges à cons) parce que, outre les perspectives d'arracher un petit morceau de pouvoir, elles sont aussi une formidable opportunité de rencontres et de débats (sur le pouvoir, justement, et sur le reste). Et quand c'est "ensemble", c'est encore mieux. A ce titre, les Cantonales et leur proximité sont peut-être meilleure opportunité que les Présidentielles. 
2) Certes, la concomitance des législatives et des présidentielles et l'inversion du calendrier rendent difficile une perspective de "cohabitation". Mais qu'est-ce qu'on attend de 2012? Un score "à deux chiffres"? Pour peser? Pour peser sur quoi? Sur qui? Pour quel type d'appel au deuxième tour? Je n'ose pas penser que ce serait pour une participation au gouvernement désigné par DSK. Ni même par Martine Aubry.
Si nous devons déjà nous occuper d'élections, occupons nous d'abord des Législatives. 
Si nous parvenions à de bonnes discussions sur du contenu et sur de bons accords de candidatures communes ou concertées... les Présidentielles nous poseraient moins de problèmes. Et le nom de LA personne qui s'y collerait aurait beaucoup moins d'importance.
Si je dis une connerie, vous m'arrêtez! Ou vous commentez.
Je retourne à mes Cantonales.
Amicalement
Pacco

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