Mais pas que!

Publié le par FASE 89

C'est d'accord : Éric Cantona, bien qu'Auxerrois d'adoption, dit parfois des bêtises. Il en fait aussi.

Mais pas que!

Son histoire de retrait de toutes nos économies de la banque, c'est complètement utopique.

Ceux qui auraient intérêt à répondre à son appel n'ont que peu d'argent de côté. 

Et ceux qui en ont beaucoup n'ont pas vraiment intérêt à chatouiller le début de la moitié de la première phalange du petit orteil de la statut du géant au pied d'argile qu'est le capitalisme mondial. D'autant qu'un pied en argile, cela n'a pas la réputation d'être chatouilleux.

Et puis, le communiqué d'ATTAC (quelqu'un des lecteurs du blog ne l'a pas trouvé, pourtant il est bien là : link) le dit bien : "le temps est venu d'agir pour des banques citoyennes". C'est juste. Et puis, bien des choses ont avancé ces dernières semaines dans la prise de conscience sur la concentration des richesses dans ce monde capitaliste.

Mais quand même... A-t-on, pour autant, trouvé la formule magique qui va faire se soulever les montagnes? A-t-on trouvé le moyen d'expliquer simplement pourquoi il fallait agir "pour des banques citoyennes" comme dit ATTAC? Ou comment on créait un pôle financier public? Et qui? Quel gouvernement? La "gauche" quand elle arrivera au pouvoir en 2012?... Je savais que ça vous ferait rire!

En ce moment une discussion s'est engagée sur la liste nationale de la FASE autour de cette question. Je vous en livre quelques morceaux.

Evelyne Perrin : "Lordon dit des choses justes, mais quel gouvernement va les appliquer (et ceci même si la "gauche" social-libérale à la DSK gagne en 2012, voir ce que fait Zapatero)? C'est le défaut des bonnes solutions proposées par ATTAC: quid du rapport de forces? Il y a quelquechose qu'il faut faire jouer dans la proximité de l'appel de Cantona et du mouvement des retraites: c'est que l'indignation est encore fraiche, la colère aussi, et une certaine prise de conscience du pouvoir que l'on peut avoir quand on s'y met tous..."

Armelle Chevassu : "Ce n'est pas à négliger ni à mépriser, mais bien à comprendre"

Pierre Cours-Salies : "Toutefois, mes ami-e-s, vous m'étonnez beaucoup : il y a des questions à ce poser. Et sans doute à cesser d'emmerder les un-e-s et les autres avec des rêveries dignes de Proudhon. Où est le pouvoir? De qui? Comment unir une masse d'exploité-e-s et d'opprimé-e-s? Dans un monde plus riche que jamais, plus capable de développer autre chose que du capitalisme destructeur pour la nature et les capacités humaines, de quoi discutez-vous? Vous voyez la misère et la richesse, les classes en présence?..." 

Christiane Dedryder : "Il serait peut-être temps de s'intéresser à d'autres banques, avec d'autres objectifs : la NEF par exemple qui est une coopérative de finances solidaires pour soutenir la création et le développement d'activités professionnelles et associatives à des fins d'utilité sociale et environnementale. Elle est composée de sociétaires qui sont les usagers de la coopérative. Je ne dis pas que c'est exactement ce qu'il nous faut mais elle a au moins l'objectif de faire autre chose que la spéculation et elle intéresse les usagers à des entreprises (au sens réelle du terme) novatrices et respectueuses de critères sociaux."

Julien Alapetite : "On peut se payer de mots longtemps sur l'appropriation de la politique par les citoyens et sur la remise en cause de l'esprit délégataire si on ne sait pas reconnaître que le jour ou les citoyens s'approprieront la politique ça ne sera pas selon des formes qui nous plaisent selon nos nobles conceptions de ce qu'il faut faire quand on est de gauche et que l'on sait faire la différence entre Proudhon et Marx. Ils le feront selon leur propre conception spontané et fausse si on le regarde de manière théorique mais vrai si on le regarde sur l'essentiel c'est à dire l'appropriation de la politique. Quand un buzz se met en place sur Facebook et que 30000 personnes (pour l'instant) se mettent d'accord pour retirer leur argent pour faire flancher les banques, si ça ce n'est pas de l'appropriation de la politique par les citoyens qu'est ce que c'est ?"

Je vous en passe et des meilleures.

Rassurez-vous (et rassurez ma banquière) je n'ai pas l'intention de retirer mon fric de LCL. Et je reste convaincu que ce n'est pas ainsi que nous allons nous mettre à chanter demain... En tous cas, "pas que"...

Mais l'utopie disséminée par Cantona, finalement, peut-être que ça ne fait pas de mal. C'est, pour le moins, une opportunité de débattre avec des mots simples de questions ardues. 

Le pourrons-nous?

Pacco

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