Les débats dans le NPA

Publié le par FASE 89

Suite à la réunion nationale des forces de la gauche de gauche, le 2 novembre dernier, Pierre Cours-Salies s'est livré, pour la Fase, à une analyse des débats au sein du NPA au plan national. En voici l'essentiel. 
Il s'agit là de débats au niveau national. Il serait abusif de prétendre "décalquer" les attitudes décrites ici dans nos rencontres locales. Il en est d'ailleurs de même si l'on examine les débats dans le PCF...

L'ANALYSE DE PIERRE COURS-SALIES :
Contrairement à ce que nous faisons après chaque réunion unitaire, il n’y a pas eu de compte rendu immédiat.

Sauf celui du NPA(vous trouverez ce compte rendu sur le site du NPA42, voir lien ci-contre dans la rubrique "Dernières déclarations").

La principale raison est que le lendemain, mardi, a été pour plusieurs d’entre nous trop pris, notamment parce que la cérémonie de souvenir d’Hamida a duré quelques heures.

On peut y voir aussi la trace d’un autre fait : l’organisation de la répartition des tâches dans l’exécutif n’a pas été faite comme il est nécessaire.

 

Quelques éléments cependant. Qui, au moins, incluent des éléments de divers contacts et de discussion au sujet du NPA, un peu ordonnés et des éléments de discussion au cours de réunions en soirée du mardi (dont celle de l’exécutif).

 

1°) Malgré les divergences fortes qui se sont exprimées au sein du NPA entre le 28 octobre et le 2 novembre, Fred Borras  a réaffirmé qu’ils se maintenaient dans le processus unitaire et qu’ils feraient des amendements au texte du Front de gauche.

Il représentait la direction du NPA avec Christine Poupin et Anne Leclercq ; des trois, lui seul avait assisté à des réunions unitaires, notamment le 28 septembre. Le NPA aura son CPN le prochain week end (entre un comité central à l’ancienne et une coordination fédérative, il est composé de 189 membres)

 

2°) Les divergences au sein du NPA comportent au moins trois tonalités différentes.

 

La majorité de direction qui a voulu, pragmatiquement une option tactique unitaire, et qui a permis que nous puissions agir afin que le processus ait lieu, veut être majoritaire sur ses avancées, mais ne veut pas affronter des clivages trop forts au sein de son organisation.

Devant un clivage indiscutable, ils veulent maintenir une ligne unitaire et éviter d’affronter une partie des arguments d’origine sectaire. Ainsi, ils ont dans un premier temps, entre le 23 et le 25 octobre suivi des arguments faux : la lecture du texte du PCF, les informations fausses sur le nombre d’accords déjà existants entre le PS et le PCF dans des départements et régions…

Pour faire auto-proclamation, l’interview de Besancenot donnait la tonalité que devrait prendre le NPA si une rupture de l’effort unitaire intervient : accuser ceux qui ne veulent pas de lui d’être déjà des gestionnaires soumis au PS ou des complices de cela. Menaces de divisions redoublées…présentes dans le texte qu’ils sont donné pour la réunion du 28, qui comporte aussi des possibles maintiens pour une dynamique unitaire.

Une relecture du texte du PCF et des informations sur les mouvements au sein du PCF liés au vote du CN a amené à une position plus pragmatique, qui leur a fait approuver le cadre de travail proposé par le Front de gauche et corrigé ou précisé en séance le 28 octobre.

 

Un « courant » d’affirmation identitaire s’est constitué sur une base de volonté d’auto-affirmation de l’identité d’extrême gauche et la défiance contre tout accord unitaire. Depuis juillet, cela se cristallisait, autour d’amendements à des textes,, puis à des contributions puis un regroupement autour d’un texte pour le CPN.  La fusion pour battre la droite au second tour des élections régionales est remise en cause par eux. Il semble bien que cette option sera minoritaire au CPN. Mais, entre volontarisme et désorientations diverses nul ne sait les arguments qui ressortiront.

 

Un courant Convergence et alternative défend au sein du NPA des options voisines des nôtres. Une partie de ses membres ont été dans des collectifs et restent souvent proches de la Fédération. Pour les dévaloriser au sein du NPA, une pratique fréquente de la direction et du courant identitaire  consiste à dire systématiquement que « c’est une partie de ceux de Picquet qui sont restés ». En fait, pour prendre place dans le Front de gauche, Picquet et un groupe d’autres ont scissionné le courant « Unir ». Ceux qui ne sont pas partie avaient des arguments simples : on peut faire bouger le NPA dans sa majorité ; on ne veut pas aller dépendre de la direction du PCF tout en créant une division dans la gauche de gauche entre les « irresponsables » et les « vrais constructeurs » autour du PCF…

 

Hors courants, il existe une sensibilité militante rejetant tout ce qui est trop « institutionnel », à commencer par « les syndicats », « les appareils », la « stratégie politique ». Cette organisation NPA s’est développée en laissant croire à une partie de ses adhérents qu’il était possible de construire un petit parti révolutionnaire issu des luttes sociales ; certain-e-s peuvent juger que les régionales c’est très loin, durera à peine quelques semaines et que l’essentiel est dans « les luttes » et une bonne présence médiatique et militante à ces occasions. Il y a loin entre ces sentiments et une construction d’activité militante « de lutte de masse et de classe ». Mais ces adhésions de radicalisation primaire allant jusqu’à la politique ne sont pas à négliger car elles représentent des modes d’impatience de beaucoup de jeunes et de moins jeunes aujourd’hui

Le « mouvementisme » ici rappelé n’est pas identique à la ligne d’identité qui s’est organisée autour d’un texte ; une sensibilité peut les faire se rejoindre avec la satisfaction de pouvoir au moins se dire « Révolutionnaires » ! Mais une volonté d’être utiles à de vrais combats politiques contre la droite et pour changer le rapport de forces à gauche peut les amener à partager globalement un point de vue unitaire minimal.

 

3°) Dans ce contexte, parler de « double langage » de la direction du NPA et se contenter de les critiquer consiste à nier la possibilité que, pour des raisons pragmatiques (respectables tout de même en politique) le noyau de direction cherche un cadre unitaire : parce qu’il est nécessaire pour avoir une force de gauche qui conteste vraiment au PS son hégémonie. Rester tiraillé entre des options ne veut pas dire jouer d’un double langage.

Inversement, si ce qui l’emporte dans cette organisation c’est le refus de construire un cadre unitaire désormais possible, les dommages seront lourds pour toutes les forces de la gauche de gauche et plus encore pour le NPA s’il choisit ainsi de s’isoler. Nous avons suffisamment insisté et travaillé pour que ce cadre se maintienne et progresse pour avoir l’obligation de dire ce qui est.


4°) Nous devons donc, d’ici la prochaine réunion, dans la continuité du texte qui ouvre la Lettre du site n°16, défendre et préciser ce que nous avons déjà écrit :

 

« Le débat se poursuit entre nos organisations quant aux conditions de participation à un exécutif des régions. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme, possibilité liée au rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Plus les résultats de la campagne de premier tour seront bons et plus simple sera cette question. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite. La participation aux exécutifs devra être discutée, après débat dans chaque région, en fonction des résultats de la campagne, laissant aux différentes composantes une latitude de décisions sur leur degré d’implication. Des appréciations différentes sur cette question ne seraient  pas de nature à remettre en cause la possibilité de construire nos listes de rassemblement au 1° tour. L’essentiel, c’est ce qu’ont affirmé ensemble les différentes formations depuis leur première réunion : « Les forces qui composent la gauche antilibérale ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations » (texte du 28 septembre)..

 

Nous ne reviendrons pas sur le jugement positif porté en faveur de la ligne générale de campagne politique possible le 28 octobre. Une fois lu et compris le texte du CN du PCF et ses effets dans les diverses régions, et une fois précisés les pas en avant fait par les propositions du Front de gauche, les discussions et les points d’accord permettent de constituer une dynamique de campagne : « Que personne ne divise ce qui désormais est possible ensemble ! »

Nous ne voyons pas ce qui, dans la formulation que nous reproduisons ici en italique, pourrait être rejeté par le PCF ou le PG, ou par le NPA : l’engagement à aller vers de nouveaux exécutifs de régions à partir de nos propositions et d’un nouveau rapport de force à gauche est assez marqué.  Les conditions  pour examiner positivement les possibilités doivent être créées par la campagne et les résultats en seront appréciés par région, évidemment.

 

Nous ferons campagne dans le cadre le plus large possible, nationalement et dans les régions.

 

Nous avons eu ou avons programmé, avant le mardi 10 (prochaine réunion unitaire), des discussions avec les diverses composantes de ces réunions unitaires. Rencontre entre FASE et Front de gauche le lundi 9…

Nous serons de ceux qui affirment la nécessité  que ce qui est possible se fasse ensemble.

Nous travaillons donc à deux documents pour cette prochaine réunion :

-         des propositions d’ordre « programmatique » pour les régionales, en sachant que ce qui correspond à la région Ile-de-France ne se confond pas avec l’Auvergne ou le Languedoc-Roussillon… etc. Une fois retravaillé ce « canevas » sera diffusé sur cette liste comme instrument de travail. Pour l’heure, le texte adopté le 18 octobre donne quelques éléments que des compte rendus de régions viennent compléter.

-         un texte de contribution qui puisse être acceptables par tous ; mais un vote au CPN du NPA ce week end peut le rendre impossible !

 

Nous devons aussi, partout où nous en avons les moyens, faire vraiment sentir aux militants du NPA que nous voulons que eux-mêmes et leur organisation aient toute leur place dans la campagne à animer ensemble (voir la Lettre du site n°16) .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article