On ne voulait pas vous le dire...

Publié le par FASE 89

On ne voulait pas vous le dire, mais, en fait, ce blog est à vous.
Il est à vous si vous souhaitez effectivement, pour l'Yonne, pour la France et pour l'Europe, "une alternative sociale et écologique".
Car, dans notre choix de nous fédérer, c'est le nom que nous nous sommes donné : Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique (FASE).
Nous disons "Sociale ET Écologique" car nous pensons que les urgences sociales ne peuvent être traitées indépendamment les unes des autres. Et même, qu'elles ne peuvent être traitées de façon satisfaisante sur l'ensemble de la planète dans le cadre du capitalisme. 
C'est, en effet, le monde tel qu'il est aujourd'hui que nous remettons en cause. Nous sommes "alter-mondialistes" : nous voulons un "autre monde". Nous ne voulons pas nous contenter d'accompagner, d'aménager celui-ci. Et nous pensons que cela est possible.
Nous pensons que pour faire cet autre monde, chacun est indispensable; aucune discrimination n'est acceptable : ni de sexe, ni de race. Nous sommes donc aussi féministes et anti-racistes.

Quand nous disons que "les urgences sociales ET écologiques" ne peuvent être traitées "indépendamment les unes des autres", cela signifie qu'une lutte pour l'homme (qu'il s'agisse de son emploi, de ses droits sociaux ou démocratiques, ou de son épanouissement culturel) ne peut faire abstraction de son environnement, du sort de la planète. Cela signifie aussi qu'un combat environnemental ne peut oublier le sort de populations vivant en France, mais encore plus dans l'hémisphère sud, en-dessous des seuils de pauvreté...

Enfin si nous nous "fédérons", c'est que nous pensons qu'aucune organisation, quelle qu'elle soit, ne peut prétendre, à elle seule, opérer, conduire l'alternative nécessaire.
En France, aux récentes élections européennes, nous avons échoué dans notre objectif de rassembler les forces qui se disent anti-capitalistes. En dépit d'un large accord sur la plupart des points, ce rassemblement n'a pu se conclure. Chacun, était vraisemblablement, sincèrement convaincu qu'il détenait le meilleur moyen de peser de façon décisive sur les orientations de l'Europe.
Le résultat, on le connaît : la gauche de transformation sociale et écologique n'a obtenu que 5 sièges dans la nouvelle assemblée.
C'est tout juste assez pour suivre un peu les discussions, les bavardages, les tractations entre les ultra-libéraux, les socio-libéraux, les écolo-libéraux... Bref, assez pour être impuissants.
C'est dramatiquement insuffisant pour remettre en cause l'orientation capitaliste de cette Europe.

Bientôt les élections régionales se présentent à nous. La région est une entité où peuvent se jouer bien des choses qui touchent directement, concrètement la population.

Assisterons-nous aux mêmes tergiversations entre ceux qui veulent sauver leur parti et ceux qui veulent développer le leur? Nous posons cette question en toute fraternité. La démarche du PC, celle du PG et celle du NPA ont leur légitimité. Chacun cherche à sa façon à mener son combat.
Nous respectons ceux qui défendent la forme "parti".
Mais la spécificité de la FASE est que nous pensons, nous, qu'une autre forme d'organisation est nécessaire. Une forme d'organisation plus "horizontale" qui s'appuie plus sur les citoyens et sur leurs réseaux. Les "constructeurs de FASE" peuvent être des individus agissant dans le domaine de l'écologie, de l'alter-mondialisme, des droits sociaux, démocratiques, des droits des minorités.
Quand nous disons "horizontale", nous incluons l'idée que, dans la FASE, peuvent se retrouver des adhérents des partis (PC, PG, NPA, Alternatifs, Verts) ou d'organisations qui n'en sont pas (CNCU, ACU, Alterekolos, ADS, Utopia). C'est l'idée de la "double-appartenance", voire de la "triple-appartenance". Ils ne renoncent pas à leur adhésion à un parti mais ils s'engagent dans la construction de la FASE. 
 
Ainsi, notre démarche en tant que FASE n'est pas d'ajouter une organisation à celles qui existent déjà. Mais d'œuvrer au rassemblement. De tout mettre en œuvre pour réussir le rassemblement à la gauche du PS. Avec, au moins, au plan des partis, le PC, le PG, le NPA.
Et avec la FASE, bien sûr.
 
Au plan national, nous constatons que les positions se précisent quelque peu. Avec beaucoup de réticences, notamment du côté du PC. Nous ne disons pas pour autant que les choses sont acquises du côté du NPA. Mais, bien sûr la récente déclaration commune NPA/PG nous semble aller dans le bon sens.
Nous sommes attentifs aux déclarations nationales, mais nous pensons que des choses peuvent bouger à partir des prises de positions régionales.
Pour la Bourgogne, nous sommes, dans l'Yonne, dans une situation plutôt favorable : la majorité du PC s'est positionnée pour un accord, la majorité du NPA également. Le PG semble avoir quelques difficultés à s'affirmer, mais les contacts interpersonnels que nous avons eu nous confortent plutôt dans notre optimisme. Si nous parvenons rapidement à un accord départemental sur la base de ce que nous avons fait, à Auxerre, avec la "Gauche qui ne renonce pas", cela peut déclencher des choses sur les autres départements et déboucher sur une liste de rassemblement à la gauche du PS pour le premier tour.

Nous prenons, dès maintenant, les contacts en vue de rencontres bi-latérales avec l'ensemble des partenaires potentiels pour une telle liste.
Nous voulons également proposer à nos partenaires que, dès la rentrée nous engagions des débats publics sur ce que cette gauche-là pourrait apporter à la région.

Nous vous invitons à participer dès maintenant à ce débat. Un débat transparent : chacun de vos commentaires sur ce blog sera lisible par tous (voir les liens à la suite de cet article).
Dès lors qu'il respecte les principes élémentaires de la courtoisie.

À vos claviers! 

Pacco 
 
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Pacco 02/08/2009 12:01

A propos du commentaire de Damien.
C'est juste : après le premier tour, il y a le deuxième. Ce n'est pas seulement un constat digne de La Palisse. C'est aussi le fond du problème. Rien ne servirait de faire un petit tour et puis, après, s'en aller... Au risque de désespérer encore plus.
Donc, il faut aussi parler du deuxième tour. C'est là que se pose la question du programme. Et de la fidélité à ce programme pour ceux qui seront élus dessus.
Le NPA évoque la possibilité de fusion technique. Personnellement, je n'ai rien contre si cela permet d'avoir plus d'élus. Mais des élus pour quoi faire? Regarder passer les trains? (puisque les transports relèvent de la Région). Pas question de se faire embarquer encore une fois dans une gestion avec les socialistes alliés au Modem. Damien a raison : ce serait insupportable. Et, là encore, cela déboucherait de nouveau sur de la désespérance.
Alors que faire? What is to be done? (comme se demandait Lénine quand il voulait frimer devant les délégués étrangers).
Envisager une fusion autre que technique? Avec qui? Les Verts? Le PS? Le Modem?
Modem, dehors!
Restent les Verts et le PS. Sur quel programme (on y revient)?
Idée!
Les scores aux Européennes ont montré qu'une gauche alternative unie clairement sur un programme clair aurait au moins fait jeu égal avec les Verts et le PS (sans parler des électeurs qui ont voté pour les uns ou pour les autres... parce qu'il n'y avait pas de perspective chez nous).
Alors, chiche!
On dit clairement qu'on y va.
On dit clairement qu'au deuxième tour on défendra le programme qu'on aura présenté.
On dit clairement qu'on ne veut pas que la droite reprenne la Région.
Et en fonction de notre score au premier tour, nous pèserons... ce que nous pèserons.
Selon moi, c'est à se moment-là, et à ce moment-là seulement, que l'on pourra dire "fusion technique" ou "fusion politique".
En fonction de notre poids et de notre capacité à peser sur la politique du Conseil Régional...
Vous m'arrêtez si je dis une connerie...
Pacco

Damien 25/07/2009 08:51

Vous parlez des élections régionales mais vous ne parlez que de listes à la gauche du PS au 1er tour. Mais qu'allez-vous proposer au deuxième tour? Rentrer dans le rang?
On ne peut rien attendre des socialistes. Si vous fusionnez avec eux, ils vous entraîneront dans leur gestion.

Alain Assézat 11/07/2009 12:10

Merci pour avoir pris l’initiative de ce blog.

Je partage tout à fait l’analyse développée par notre ami Pacco. A tel point, qu’avant les élections européennes j’avais le moral «dans les chaussettes» en constatant les tergiversations des uns et des autres pour construire une vraie force de gauche capable de mobiliser et de constituer une alternative crédible au «sarkosisme» et au «social libéralisme» et a contester l’Europe libérale.
J’attribue personnellement un mauvais point tout particulier au NPA qui en refusant de rejoindre le front de gauche a clairement démontré qu’il faisait passer sa stratégie de parti avant les intérêts du peuple de gauche dont il prétendait pourtant être le plus fervent défenseur. Je crois savoir que le NPA paye cette faute politique par la perte d’un nombre significatif de ses nouveaux militants.
Je n'encense pas non plus le PG et le PC qui dan leur effort de constitution du «Front de Gauche» ont montré un certain mépris pour la «Fédération». Comme si dans l’état de délabrement dans lequel se trouve la gauche aujourd’hui, on pouvait se permettre de négliger qui que ce soit qui pourtant a les mêmes idées.
Je voudrai dire à tous que lorsqu’on veut constituer une véritable union des forces de gauche c’est finalement très simple si l’on conserve à l’esprit l’objectif prioritaire qui est de défendre les intérêts du peuple de gauche et de faire cesser dans les plus brefs délais les agressions permanentes de M Sarkosy vis à vis de notre modèle social au bénéfice des plus favorisés. Lorsqu’on a sincèrement cet objectif en tête, on constate qu’il n’y a pas lieu de mettre le moindre préalable à l’union, mais de montrer sa détermination au rassemblement. Ceci n’empêche pas de traiter les difficultés mais dans la discussion, chacun, tout en défendant son point de vue, doit être prêt à faire un pas vers l’autre au nom de l’objectif prioritaire.
Pour les élections régionales c’est finalement très simple : constitution de listes d’union des gauches anticapitalistes au premier tour. Au deuxième tour : faire barrage à la droite.
Ceci naturellement ne peut se faire que localement....
Pouvons-nous reprendre espoir ? Personnellement je reste encore sceptique, malgré quelques déclarations d’ouverture, sur la capacité du NPA à surmonter ses blocages idéologiques et sur les frilosités du PC qui tente de sauver ses quelques élus.

Grand merci à ceux qui malgré les déceptions continuent inlassablement le lutte...


Alain Assézat